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Tampere a été fondée en 1779 par le jeune monarque suédois, Gustave III. La ville occupe un site pittoresque sur un isthme étroit entre deux lacs (Näsijärvi et Pyhäjärvi) que relie la rivière Tammer. Celle-ci forme des rapides en traversant la ville, Tammerkoski (qui signifie en finnois « les rapides de la Tammer »)

Avec 225 118 habitants en 2016, Tampere figure au troisième rang des villes de Finlande après Helsinki et Espoo.
La région de Tampere est le berceau de l’industrie finlandaise : le premier bâtiment finlandais à disposer de l’électricité fut en son temps une usine textile de la ville, comme nous le verrons au cours de notre balade. La région a aussi vu naître le groupe industriel Nokia aujourd’hui mondialement connu.

Au 19ème siècle, les rapides de la Tammer attirèrent irrésistiblement les industries textiles, ce qui fit que les berges furent colonisées par des bâtiments industriels. Après le déclin inexorable des usines textiles, la ville a dû se réinventer : son renouveau urbain est l’une des grandes réussites finlandaises.
Au lieu de les détruire, Tampere a su tirer le meilleur parti de ces bâtiments de briques rouges aux hautes cheminées qui, avec les berges joliment aménagées de Tammerkoski, forment un ensemble architectural original.

Tampere est également remarquable pour ses surélévations de terrain formées il y a des milliers d’années par la fonte des glaces, d’où l’on jouit de vues à couper le souffle sur les deux lacs voisins. Ces lacs offrent de nombreuses possibilités de croisières, ou de simples tours en barque pour les amateurs.

Visitée le 22 juin 2017

tampere : carte

 

Cette carte peut être téléchargée gratuitement sur le site de l’office de tourisme de Tampere : il y en a plusieurs, selon vos centres d’intérêt. Celle-ci est la 3e de la page.
Vous pourrez aussi vous la procurer sur place, au centre-ville : Hämeenkatu 14b (Tampere Theatre building)
Comme vous le voyez, plusieurs circuits sont proposés sur cette carte, repérés par leur couleur (rouge, jaune, bleu, vert) : chaque point est expliqué sommairement sur une deuxième page (téléchargée en même temps que le plan).
Par manque de temps, nous ne verrons que quelques points : Tampere vaut clairement qu’on lui consacre une journée entière et non une demi-journée comme nous l’avons fait.

 

tampere : cathédraleNous commençons par (5) la cathédrale, construite sur la période 1902-1907 sur les plans de l’architecte Lars Sonck (1870-1956).

Elle est née d’un réel besoin des habitants de la rive est de la Tammer, qui devaient franchir le fleuve pour assister au culte : la Vieille Eglise (1824), l’Eglise de Finlayson (1879) et l’Eglise d’Alexandre (1881)étaient situées sur la rive ouest de Tammerkoski.
Or, la ville de Tampere, en pleine industrialisation, s’est agrandie et enrichie à partir des années 1850 ; ainsi, la banlieue ouvrière de Kyttälä, formée à proximité des usines qui s’étaient implantées sur les rives des rapides de la Tammer, a été rattachée à la ville de Tampere en 1877.
Celle qui était appelée « église Saint-Jean » avant son élévation au rang de cathédrale en 1923 devait donc servir de lieu de culte à ce quartier ouvrier.

 

tampere : cathédrale, côté
La Cathédrale de Tampere est l’un des symboles majeurs du romantisme national et figure parmi les travaux les plus importants de l’architecte Sonck.
Les tours aux structures légères représentent le style néogothique, mais comportent des détails propres à l’esthétique Jugend.
La cathédrale a été construite en pierres naturelles.
Les ornements des façades et de l’intérieur ont été conçus par l’architecte Valter Jung. L’espace intérieur comporte des découpes ornementales Jugend sur les colonnes, la chaire et les bancs.
L’église Saint-Jean s’est dotée du statut de Cathédrale lorsque Tampere est devenue ville épiscopale en 1923.
De nos jours, elle est utilisée par l’Église évangélique-luthérienne de Finlande. Sa capacité est de 2 000 sièges.

 

Tampere : cathédrale, porte principale

 

Observez bien : la porte principale est gardée par deux oiseaux, placés de part et d’autre des vantaux.
Elle est encadrée par une voûte rappelant la dentelle.
Saurez-vous reconnaître le serpent qui enveloppe le crucifix placé à son sommet ? Il symbolise l’éternité.

En entrant, attendez-vous à un choc !

Les artistes peintres Hugo Simberg (1873-1917) et Magnus Enckell (1870-1925) ont réalisé le travail de décoration des espaces intérieurs de La Cathédrale. Les peintures de l’autel et des voûtes sont des peintures à fresque et à sec.
Ils ont librement choisi les thèmes et la technique de leurs oeuvres : des décisions osées et surprenantes, comme nous allons le voir !

 

Tampere : cathédrale, orgue

 

La nef ne comporte que peu de colonnes, « pour permettre une vue sur la chaire, ainsi qu’une clarté de la parole prononcée » dit la documentation (en français !) que l’on peut se procurer dans l’église.

L’architecte Lars Sonck a conçu la façade de l’orgue originale de cinquante jeux.
Les orgues ont été étendues à soixante-huit jeux dans les années 1928-1929.

Des orgues baroques de vingt-trois jeux ont été installés sur la tribune nord, comme nous le voyons sur la photo suivante.

 

Tampere : cathédrale, le lierre de vie
La chaire a été conçue par Hugo Simberg : elle est couverte d’un motif rappelant la couronne d’épines, avec des ailes blanches.
Notez le tableau que vous voyez à gauche de la chaire : nous allons en parler un peu plus loin.

C’est le même Simberg qui a réalisé le lierre épineux longeant la bordure de la tribune. Le lierre de la vie (Köynnöksenkantaja) est porté par 12 garçons nus : les enfants sont interprétés comme un symbole des apôtres de Jésus tandis que la guirlande représente le poids des misères terrestres.

 

tampere : cathédrale, fresque autel de Magnus Enckell

Le retable est l’oeuvre de Magnus Enckell : « Résurrection » (ylösnousemus), qui mesure plus de 10 mètres de large et 4 mètres de haut, montre, dans des couleurs tamisées, la résurrection de personnes de toutes les races.

Regardez bien : voyez-vous les deux hommes qui marchent main dans la main ?
Nombreux sont ceux qui y voient une représentation de l’homosexualité, ce qui normalement devrait soulever toute une controverse, sauf que les Finlandais ne semblent pas l’interpréter ainsi.

Cliquez sur la photo pour l’agrandir, pour voir où se situe la fresque de l’Ange blessé.

 

Tampere : cathédrale, le jardin de la mort de simbergtampere : cathédrale, l'ange blessé par Hugo Simberg
L’ange blessé et le jardin de la mort sont des oeuvres de Simberg.

La fresque de l’Ange blessé (haavoittunut enkeli) est située au bout de la tribune sud : elle fait partie des oeuvres d’art les plus aimées des Finlandais.

Le jardin de la mort (kuoleman puutarha) se trouve sous la tribune nord, à proximité de la chaire. La mort est représentée sous forme d’un personnage délicat prenant tendrement soin de ses plantes fabuleuses.
Etonnant, non ?

 

Tampere : cathédrale, voûte tribune orgueTampere : cathédrale, voûte principale
Simberg a peint sur la voûte principale de la nef un serpent avec des ailes couvertes de peau. La zone des petites ailes, comme un cercle d’anges gardiens, enferme le serpent dans son halo dense. Le serpent est le symbole du péché.
Le peintre a placé la couronne d’épine proche de la tribune à orgues et une rose blanche au sommet de la voûte de la tribune sud.
Sur les voûtes de la tribune nord, Simberg a peint les figures dorsales d’une araignée diadème.
Des ornements de bordure reproduisant le thème de la couronne d’épines et de la rose font le tour de l’église.

 

Tampere : cathédrale, vitrailTampere : cathédrale, vitrail

 

Simberg s’est permis beaucoup de liberté avec ses peintures qui ne sont pas des décorations habituelles pour une église ; mais pour les vitraux il emploie un peu plus l’univers propre aux valeurs traditionnelles chrétiennes.
Il n’a pu cependant s’empêcher de représenter la mort chevauchant un rapide destrier …

 

tampere : tammerkoski(1) Tampere s’est développée à partir de la fin du 18ème siècle autour des rapides de la Tammer (Tammerkoski), courte rivière de 2 km reliant le lac Näsijärvi au lac Pyhäjärvi. La différence d’altitude entre ces deux lacs est de 18 mètres, ce qui engendre des rapides impressionnants.
La présence des rapides a constitué une importante source d’énergie mise à profit pour le développement technique : de la fin du 18ème siècle jusqu’à la moitié du 20ème siècle, les rives du Tammerkoski étaient couvertes d’usines et retentissaient du martèlement des machines, des nuages de fumée s’échappaient des cheminées et la main-d’œuvre affluait.

Mais les temps changèrent. L’industrie traditionnelle se disloquait. L’industrie textile avait presque entièrement disparu au début des années 1990. La métallurgie et les constructions mécaniques subirent une transformation structurelle douloureuse et quittèrent les rives des rapides.

Si les usines sont parties, leurs murs sont restés. Les vieux bâtiments en briques rouges ont été magnifiquement réhabilités et vibrent d’une vie nouvelle. Ils accueillent maintenant des boutiques, des ateliers, des restaurants, des musées et une partie a été transformée en logements.

 

tampere : hameensilta, statuestampere : hameensilta

 

(11) Le pont Hämeensilta (1929) est décoré par quatre statues du sculpteur Wäinö Aaltonen : le côté sud est gardé par le collecteur de taxe et la jeune fille finlandaise, tandis que le commerçant et le chasseur veillent sur le côté nord.

 

tampere : keskustori, hameenkatu(5) Le pont nous amène à la place principale : Keskustori (qui signifie « marché central »).

Avant la forte croissance économique au tournant du 19ème siècle, résultant de l’essor industriel que connut la ville, il n’y avait à Tampere que des maisons basses en bois; cependant, la réalisation du réseau de distribution d’eau et des égouts, à la fin du 19ème siècle, transforma complètement l’aspect général de la ville.
Tout ceci eut lieu à une époque où l’architecture européenne se renouvelait. Ce mouvement innovateur prit différentes formes et noms partout en Europe. La Finlande subit l’influence de plusieurs pays, dont l’Allemagne et la France d’où viennent les nom de l’époque : « Jugend » et « Art Nouveau », employés tels quels par les Finlandais.

Cette place est souvent appelée « Place Art Nouveau » car elle est entourée de plusieurs bâtiments datant de cette époque.

Le Palais de Palander (à gauche sur la photo) est le plus récent des trois bâtiments de commerce et d’habitation, de style Jugend, qui bordent la place ; de ces trois bâtiments, il manifeste le mieux le Jugend européen. Dans les détails, on peut déjà voir des traits romantiques nationaux, par ex. les figures représentant les animaux sauvages et les cônes de pin.

 

tampere : keskustori, hameenkatu old town hallL’hôtel de ville de Tampere (Tampereen Raatihuone) est un bâtiment néo-renaissance.
Le bâtiment actuel, conçu par Georg Schreck, a été construit en 1890. Les fondations étaient constituées de pieux en bois qui commencèrent à montrer de sérieux signes de faiblesse dans le courant des années 1970 : il a fallu couler des pieux en béton pour sauver le bâtiment.

Pendant la Grande Grève en 1905, le «Manifeste rouge» a été lu depuis le balcon de l’Hôtel de Ville. Parmi les demandes formulées dans le manifeste figuraient la démission du Sénat finlandais, la convocation d’une assemblée nationale et l’établissement de libertés démocratiques.

Lors de la bataille de Tampere, durant la guerre civile finlandaise (1918), la mairie a été la dernière citadelle des gardes rouges contre l’armée blanche. Le bâtiment a été gravement endommagé et vous pouvez encore voir des trous de balle dans l’escalier principal.

 

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Petit résumé de la guerre civile qui déchira la Finlande en 1918.

Lors de la révolution soviétique en 1917, la Finlande en a profité pour déclarer son indépendance, le 6 décembre.

Mais l’opposition idéologique entre les Rouges (punaiset en finnois) sociaux-démocrates, et les Blancs (valkoiset en finnois) conservateurs, a débouché sur une terrible guerre civile.

Les premiers sont soutenus par les bolcheviks, tandis que les seconds reçoivent l’appui de l’Empire allemand.
En caricaturant un peu, on peut dire qu’on est en présence, d’un côté, d’une armée d’ouvriers peu entraînés tandis que de l’autre, on a des paysans et des suédophones des classes supérieures qui bénéficient d’un meilleur soutien militaire.

La guerre éclate en janvier 1918, et on assiste très vite à une division géographique du pays : le sud est dominé par les Rouges, tandis que le nord est aux mains des Blancs. La frontière entre les deux « territoires » se trouve à une vingtaine de kilomètres au nord de Tampere.

Fin mars–début avril, Tampere se retrouve au cœur du conflit, de par son rôle stratégique. Après une bataille particulièrement meurtrière, la ville est prise par les Blancs, ce qui annonce l’issue de la guerre, qui se terminera début mai. Il est cependant intéressant de noter qu’aucun traité de paix n’a jamais été signé entre les Rouges et les Blancs.
Pour en savoir plus, cliquez ici

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tampere : keskustori, hameenkatu, vieille église(16) La vieille église en bois (Vanha kirkko) a été construite en 1824 et consacrée en 1825. C’est le bâtiment le plus ancien du centre-ville.

Conçue selon un plan cruciforme par C. Bassi, elle a été bâtie dans le style néoclassique en vogue à l’époque. Le clocher a été conçu par Carl Engel et construit en 1828-1829.
Le retable a été peint en 1831, et la chaire date de 1841.
L’édifice a été notablement agrandie en 1847, et l’orgue a été installé en 1852. Sa capacité est de 310 sièges.

Elle est très demandée pour les mariages mais elle est principalement utilisée par la paroisse suédoise de l’église luthérienne de Tampere.

 

tampere : kauppahalli, hameenkatu

 

(7) Kauppahalli (le marché couvert) s’ouvre sur Hämeenkatu, l’artère principale, au N°19.

Le bâtiment est conçu par Hjalmar Åberg en 1894 et la construction débute en 1899. Ouverte en 1901, la halle construite entre la rue Hämeenkatu et la rue Hallituskatu sur le même modèle que notre Tour Eiffel, est le plus grand marché couvert des pays nordiques. Sa surface au sol est de 2 100 m2 et son volume de 18 500 m3.
Ces halles comptent parmi les plus belles de Finlande, avec leurs beaux étals déployant un éventail étourdissant de mets : un monde de saveurs et d’odeurs s’ouvrira a vous !
Vous pourrez aussi vous restaurer sans problème car, sur les quelques 174 stands de vente, 40% sont des cafés ou des restaurants.

 

tampere : kauppahalli, intérieurtampere : kauppahalli, sans gluten

Entre le boulanger (avec ou sans gluten), le boucher et ses rôtisseries, le poissonnier avec ses crustacés et ses poissons de toutes les couleurs, le fromager et ses fromages du monde entier, le pâtissier et ses superbes gâteaux (les plus beaux qu’il nous ait été donné à voir en Finlande), le choix est difficile.

 

tampere : kauppahalli, mustamakkara
Nous vous recommandons de tester la spécialité de Tampere ; le Mustamakkara. Il s’agit d’un boudin noir avec du seigle qui se mange avec sa confiture d’airelles, accompagné de lait froid.

J’avais lu « La mustamakkara est disponible sur les marchés, quand on l’achète dans la région de Tampere, il est d’usage d’indiquer combien d’argent on veut dépenser, plutôt que le poids, la longueur ou le nombre de pièces. Il est également fréquent de choisir le morceau en le montrant du doigt. Ainsi, comme la forme et de l’humidité de la mustamakkara est variable, l’acheteur peut choisir celle qui lui convient »
C’est effectivement ainsi que cela s’est passé ! J’ai aussi pu choisir le type d’accompagnement, ainsi que la quantité souhaitée, puis le tout a été pesé et le prix a été fixé en conséquence. J’ai trouvé ça très pratique.

 

tampere : kauppahalli, piirakatLes KARJALANPIIRAKKA font partie des icônes absolues de la cuisine finlandaise

Ces galettes en forme de pirogue appartiennent à la tradition culinaire de toujours de la Carélie, la province historique orientale de la Finlande. C’est en Carélie qu’est née l’épopée nationale finnoise le Kalevala, considérée depuis la mise en forme au 19ème siècles des poèmes qui la constituent comme le ciment de l’âme nationale du pays.

Elles tiennent tout juste dans la main, et surtout elles fondent carrément en bouche si elles sont bien préparées. Traditionnellement, on utilise pour leur cuisson de la farine de seigle pour la croûte, le centre de la galette étant fourré de pommes de terre, de riz ou de carottes. Cette spécialité est particulièrement délicieuse servie avec des œufs hachés tièdes et du beurre fondu !
Dégustez-les à un stand où on vous les servira bien tièdes car elles sont nettement moins savoureuses quand elles sont froides.

 

tampere : kauppahalli, ruisleipäLe ruisleipä, ou pain rond de campagne au seigle à base de farine aigre, est un basique du régime alimentaire finlandais.
On compte de nombreuses variétés de ces pains, la version la plus populaire et la plus facile à trouver étant le reikäleipä, ce qui signifie « le pain au trou » : le trou médian permettait dans le temps de conserver le pain en l’accrochant au mur des fermes pour la durée de l’hiver. C’est un pain plat, à la texture dense et compacte et qui pèse son poids. Les Finlandais sont si attachés à leur pain au trou qu’ils s’en font envoyer par la poste quand ils vivent à l’étranger, et tant pis si ça coûte cher !

Il existe aussi un crack-pain appelé näkkileipä, qui est la version fine du pain de seigle : là aussi, les variantes sont nombreuses, dont la galette craquante Finn-Crisp qu’on trouve aujourd’hui dans les grandes surfaces de nombreux pays. Les Finlandais mangent du crack-pain au petit déjeuner avec du beurre, du fromage ou différentes pâtes à tartiner, mais ces galettes peuvent aussi accompagner une soupe à midi ou servir d’en-cas le soir.

 

tampere : kauppahalli, pâtisseriestampere : kauppahalli, korvapuustiNulle part ailleurs en Finlande nous n’avons vu de biscuits comme ceux proposés aux Kauppahalli de Tampere ! En général, ce sont surtout des déclinaisons de viennoiseries qui sont proposées.

Ne ratez en aucun cas les korvapuusti. Nous les avons goûtés pour la première fois à Helsinki, au café Regatta : à fondre de plaisir !
Le mot korvapuusti se traduit curieusement par « tapes sur les oreilles », même si en fait il s’agit de buns à la cannelle, qui pourraient d’ailleurs bien être les meilleurs petits pains de ce genre au monde. Les korvapuusti se servent en général avec le café : il faut noter à ce sujet que les Finlandais sont les plus gros consommateurs de café, et probablement aussi de leurs fameux korvapuusti, de toute l’Union européenne.

 

tampere : finlayson(7) Tampere entra dans l’âge industriel avec l’arrivée de James Finlayson qui installa dans les années 1820 une filature de coton au bord de la Tammer.
James Finlayson a vendu l’usine à Carl Samuel Nottbeck et Georg Rauch déjà en 1836. Le bâtiment existant le plus ancien, « Kuusvooninkinen » ou la « vieille usine », a été achevé en 1837. C’était le premier bâtiment industriel moderne en Finlande. Les turbines hydrauliques, les machines à vapeur et les machines de tissage éatient les plus modernes de l’époque.
Dans l’histoire de la Finlande, la fabrique de Finlayson a toujours joué le rôle de précurseur en ce qui concerne plusieurs innovations techniques et leurs applications.
Entre autres, il faut mentionner l’éclairage au gaz mis en usage en 1842, ainsi que la lumière électrique installée en 1882, dans un bâtiment appelé Plevna, ce que rappelle un panneau apposé à gauche de l’entrée : c’était une première en Scandinavie.

 

tampere : finlaysonEn 1900, Finlayson comptait près de 3300 employés et c’était une «ville à l’intérieur de la ville». Finlayson avait sa propre église, son école, ses navires et son chemin de fer électrique.

Durant la guerre civile finlandaise de 1918, dont nous avons parlé plus haut, l’usine Finlayson fournit bon nombre de combattants à l’Armée Rouge. Les ouvriers, aux conditions de vie difficiles, soutenaient le socialisme et étaient prêts à combattre pour défendre ce nouvel idéal.
De lourdes batailles ont été menées dans la zone de l’usine et au centre-ville. Beaucoup de travailleurs ont perdu la vie dans les combats ou plus tards, exécutés par les Blancs, quand ceux-ci prirent le pouvoir à Tampere.

L’activité textile de Finlayson s’est considérablement réduite à partir des années 1980 et la fabrication s’est terminée à Tampere au début des années 1990.

 

tampere : finlaysonL’espace de l’ancienne usine a été reconverti en un gigantesque espace culturel et ludique.
Passé le grand portail, vous pourrez voir la cour Tallipiha qui abrite des boutiques d’artisanat, un cinéma multiplexe, des restaurants et des cafés.

Plusieurs musées occupent aussi les lieux :

Le musée des Ouvriers Werstas (gratuit ; ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h) vous propose une véritable plongée dans le quotidien du monde ouvrier de l’époque avec ses boutiques, ses maisons, ses luttes sociales…

Le musée du Textile (dans le prolongement du musée des Ouvriers) : au milieu des tissus et du bruit des machines, vous saurez tout sur l’historique et les différentes techniques industrielles utilisées dans cette ancienne filaterie.

Le musée de l’Espionnage, pour vous transformer en Mata Hari ou James Bond (cliquez sur le lien pour les horaires et les tarifs)

Enfin, allez jeter un coup d’oeil à la belle église ouvrière Finlayson, ouverte l’été.

 

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Ainsi s’achève notre visite de Tampere, bien trop courte pour avoir pu profiter de l’emplacement privilégié de la ville, entre deux lacs.

Nous avions prévu d’aller à Pyynikki (point 4 en vert, à gauche en bas de la carte) mais nous y avons finalement renoncé à cause de la météo peu clémente ce jour-là.

Cette colline boisée située entre les deux lacs de Tampere serait, du haut de ses 85m, la plus haute crête morainique au monde. Sillonnée de pistes cyclables et de sentiers, elle offre de beaux panoramas. Mais il faut monter à la Tour d’observation, conçue par l’architecte Vilho Kolho.

Construite en granite rouge extrait des îles d’Åland, elle mesure 26 mètres de hauteur, ce qui n’est pas énorme ; mais, étant donné sa position, il parait que la vue y est spectaculaire. On peut monter par un ascenseur ou par un escalier, le prix est modique : 1 € pour les enfants de 4 à 15 ans, et 2 € pour les adultes (cliquez ici pour des horaires et tarifs à jour).

Après votre visite, faites une pause au café de la tour pour y déguster de succulents beignets qui font la réputation du lieu. Nous comptons sur vous pour nous dire, via les commentaires, s’ils sont aussi bons qu’on le dit !

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